
Cet été, laissez-vous surprendre
Il y a des moments qui n’étaient pas prévus et qui deviennent pourtant les plus beaux souvenirs.
Une promenade qui devait durer dix minutes et qui s’allonge parce qu’un chemin attire notre regard. Une conversation commencée par hasard avec quelqu’un que nous ne connaissions pas. Un arrêt imprévu dans un petit village où rien n’était programmé.
Nous cherchons parfois les grands moments, alors que certaines des plus belles choses arrivent justement lorsque nous cessons de tout organiser.
Un enfant peut rester longtemps fasciné par presque rien : un coquillage trouvé sur la plage, une fourmi qui traverse un chemin, la forme d’un nuage dans le ciel. Il ne se demande pas si cet instant mérite d’être vécu. Il oublie le temps. Il est là, simplement, entièrement présent à ce qui se passe.
En grandissant, nous apprenons à prévoir, à nous organiser, à tenir nos engagements. Ces apprentissages nous aident à construire nos vies et ils sont précieux. Mais parfois, à force de vouloir tout maîtriser, nous oublions de nous laisser surprendre.
Montaigne, écrivain et philosophe humaniste du XVIᵉ siècle, écrivait, dans ses Essais qu’il fallait se réserver « une arrière-boutique toute nôtre, toute franche, en laquelle nous établissons notre vraie liberté ».
Cette arrière-boutique n’est pas un lieu où l’on se coupe du monde. Elle est cet espace intérieur où nous pouvons simplement Être, sans avoir besoin de répondre aux attentes, de remplir un objectif ou de prouver quelque chose.
Peut-être est-ce aussi cela que nous offre l’été : la possibilité de retrouver une part de nous-mêmes qui sait encore regarder, écouter et s’émerveiller.
« L’immensité est en nous ». Au XXᵉ siècle, le philosophe Gaston Bachelard ne parlait pas seulement des grands paysages, mais de cette façon si particulière que nous avons parfois de nous laisser toucher par le monde.
Un coucher de soleil n’a pas besoin d’être exceptionnel pour nous émouvoir. Une odeur de pin, le bruit des vagues ou la lumière d’un matin d’été peuvent suffire à réveiller quelque chose que nous avions délaissé.
Nous n’avons pas toujours besoin de partir loin pour changer de regard.
Parfois, il suffit de ralentir assez pour remarquer ce qui était déjà là.
Alors, cet été, laissez une place à ce que vous n’aviez pas prévu. Un détour sur un chemin. Une rencontre inattendue. Quelques minutes à ne rien faire d’autre que regarder autour de vous.
Les plus beaux moments ne sont pas toujours ceux que nous préparons.
Ils sont souvent ceux qui viennent nous rappeler que nous savons encore nous émerveiller.